C'est un « détail » du programme électoral d'Emmanuelle Favre… très vite oublé par madame le maire.

La plupart des habitants réserve le même sort aux tracts électoraux : le classement vertical (la poubelle). Parfois, après y avoir jeter l’œil méfiant ou soupçonneux du citoyen qui n’est pas né de la dernière pluie. Car il arrive que la « littérature » électorale fasse mouche sur un détail : la révélation d’une pratique municipale anormale ignorée de tous qu’un candidat promet de faire cesser. Et le voilà élevé au rang de redresseur de torts.
Ce « détail » du programme de la liste Favre ne pouvait être repéré que des lecteurs en quête de curiosités, dans ce rituel des promesses électorales vouées à s’enliser dans les sentiers battus.
Et c’est dans la rubrique « Finance et fiscalité » que les tracts Favre avaient réservé quelques mots presque anodins à cette curisosité, pourtant très expressive : « Maintenir les pénalités dues sur les chantiers » pour augmenter les recettes. Ainsi, la candidate pointait du doigt une pratique - considérée comme anormale - de la municipalité en place qui renonçait volontiers aux pénalités dues par les entreprises lorsqu’elles ne respectaient pas les délais d’exécution prévus dans le contrat, favorisant ainsi ces dernières au détriment des contribuables. Une pratique d’autant plus anormale que le contrat liant la mairie aux entreprises - appelé cahier des clauses administratives particulières ou CCAP - prévoit expressément l’interdiction de faire une remise de pénalités sur les travaux, « quelle qu’en soit la raison » (cette clause est citée lors du conseil municipal du 31 juillet 2020, page 22 : "III - Modification communes à tous les lots...", au sujet de la construction du nouveau restaurant scolaire de l’école Hector Ducamp).
Cette pratique, dénoncée très brièvement dans les tracts, méritait donc une insistance particulière. Le site de « Saint-Loubès Ensemble », créé pour la circonstance (les élections), s’en chargera avec un souci de précision digne d'un réquisitoire sans appel :
« Le 3 juillet dernier [3 juillet 2019], par des délibérations confirmées ensuite le 30 septembre, le Conseil municipal de Saint Loubès a décidé d’abandonner les pénalités de retard sur les travaux de plusieurs équipements : mairie (réhabilitation suite à l’incendie), salles de classe des écoles PJ Toulet et La Fontaine et sanitaires de La Fontaine. Le total de ces remises s’est élevé à un peu plus de 400 000 €. Les procès-verbaux sont publics et disponibles sur le site de la mairie. »
On passe ainsi des quelques mots presque anodins des tracts à une accusation sans détour, à coup de preuves irréfutables… car vérifiables.

