L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

Au sujet de ces plantations, un entretien chez La Clé des Ondes avec Mme Grasshoff, conseillère municipale de la liste Favre, le 8 décembre 2020, nous apporte quelques précisions. On apprend, notamment, que, sur les 70 habitants de la cité contactés pour leur soumettre le projet de « micro-forêt », 7 seulement ont répondu ; que son arrosage serait réalisé par les habitants intéressés grâce à la récupération de l'eau de pluie ; et que l'idée de la « micro-forêt » a été soufflé par l'agent de l'urbanisme de la mairie. « Saint-Loubès Ensemble » ou un autre collectif « écolo » local ne semblait pas au fait de cette nouvelle mode, pourtant adoptée à Bordeaux et ailleurs (1), au même moment (fin 2020). Mme Favre n’est peut-être pas sur la même longueur d’onde que le maire de Bordeaux, pourtant « écolo » !

Mais le plus important, sans doute, c'est la réponse à cette question : quelle sera le rythme de croissance des pieds ?... Car si, théoriquement, il y a un intérêt à planter des pieds pour une protection future de l'environnement (absorption du CO2), le commun des mortels, tant qu'il ne sent pas l'odeur des pots d'échappement et des fumées d'usines remplir ses narines, apprécie d'abord la réalité visuelle des plantations : à quand la forêt ?

Mme Grasshoff répond qu'une « micro-forêt » pousse 10 fois plus vite. Oui, mais encore ?... Nous avons donc cherché ailleurs une réponse plus précise. Elle pousse d'environ 1 mètre par an (voir cette vidéo). Pourtant, sur la place, et presque deux ans plus tard, en octobre 2022, le résultat est bien différent !

On s'attend à voir quelques arbres approchant les 2 mètres...
Ceux qui les atteignent, et même les dépassent, sont d'anciens arbres.
On aperçoit quelques mauvaises herbes qui se mélangent aux tuteurs, vers le milieu de la photo.
Le panneau était tombé. Nous l'avons relevé pour montrer le texte.
La "micro-forêt" près de 2 ans auparavant...
On ne voit que les tuteurs sur un sol bien préparé, et le panneau bien fixé sur son poteau.

Et la récupération de l'eau de pluie pour arroser la « micro-forêt », qui semblait promise à une réalisation prochaine, reste une fiction (le bulletin municipal n°43 de mai 2021, page 9, annonçait bien « la pose d'une cuve de récupération d'eau pluviale pour l'arrosage autonome de l'îlot de Cajus »).

Quant au troisième lieu de plantations de 2020... pas un mot de la part de la conseillère.

La liste Favre avait donc puisé ce nouveau jargon - « micro-forêt » - dans le lexique paysager d'un agent de l'urbanisme bien intentionné.

Vu le résultat près de 2 ans après - sans doute par manque de suivi et de sérieux des initiateurs du projet -, Mme Grasshoff pourrait peut-être se tourner une nouvelle fois vers son inspirateur. Il pourra sans doute lui souffler, aujourd'hui, une nouvelle méthode pour obtenir une croissance accélérée des pieds (6 fois plus vite) : la « solution » est scientifique et exploitable dans une ferme – le domaine de Modery. Mais le prix n'est pas le même car la technologie reprend le dessus !


(1) à Vienne, près de Lyon. Mais l'ambition du maire de cette commune était de planter 1.000 arbres... en 6 ans ; à Tarbes, où la mairie précise parfois où les arbres sont plantés...

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