"Impliquer les citoyens dans les choix de la commune…", c’était la formule reprise dans plusieurs tracts par "Saint-Loubès ensemble" pour mettre un terme aux pratiques précédentes d’un maire "inspiré" qui savait où était l'intérêt de la commune et de ses habitants.
Mais il restait encore au porte-étendard Emmanuelle FAVRE, une fois élu maire, à révéler la recette de l’ "implication citoyenne". Plus question de vote : l’expérience malheureuse des municipales en temps de crise sanitaire avait transformé les isoloirs en véritable camp retranché ; et puis l’abstention avait été la grande gagnante, réduisant la liste "majoritaire" à une représentation symbolique de moins de 2 électeurs inscrits sur 10. Il restait donc le sondage (ou enquête d’opinion), la consultation à domicile à grande échelle et la consultation à distance.
Chacun sait ce que valent les sondages : les médias - presse écrite ou non - qui s’en font régulièrement les échos montrent qu’ils sont aussi fiables qu’une boussole sans aiguille, sans parler du nombre de participants, si faible qu’il vaut mieux en revenir au vote. Alors, on se dit que la consultation à domicile, peut-être… Des bénévoles de la mairie, particulièrement dévoués à l’intérêt général - conseillers municipaux, par exemple -, seraient ainsi partis "par monts et par vaux" dans les rues, ruelles et chemins de campagne de Saint-Loubès pour rencontrer les habitants chez eux, aux heures de grand repos (les samedis, au moment du repas). Ils les auraient alors aimablement invités à répondre à quelques questions… visage masqué, bien entendu. Cette visite aurait été précédée d’une information publique, à la fois par distribution d’annonces dans les boîtes aux lettres, et sur les panneaux d’affichage lumineux du bourg. En somme, une marque d’intérêt tangible pour les habitants, où la formule "impliquer les citoyens" aurait pris un sens très concret, même si beaucoup, dans un premier temps, n’y auraient sans doute pas prêté attention. Et en plus, c'était une manière fiable d’impliquer sans craindre, cette fois,… une forte abstention ! Fiable, parce que le bénévole qui se déplace est censé être une personne de confiance (elle ne remplit pas les questionnaires chez elle pour faire croire qu’elle a rencontré du monde). Mais une telle enquête n’est pas une sinécure : elle exige d’y avoir réfléchi longtemps à l’avance, de l’avoir planifié sur plusieurs jours et de rassembler les bonnes volontés pour aller arpenter le terrain. Finalement, il faut y consacrer beaucoup de temps sans contrepartie financière car c’est pour la bonne cause. Mais la consultation à distance lui a pourtant été préférée : plus rapide, plus facile et avec un accent de modernité très en vogue que les habitants auraient pu prendre pour un gage de compétence.

