« Cadre de vie », l’expression est bien connue et son sens aussi précis que le contour d’un réverbère éteint dans la nuit noire. Les trois listes inscrites au « concours ‘Votez pour moi !’ » des municipales de 2020 (« Continuons Saint-Loubès », « Une Dynamique nouvelle pour Saint-Loubès » et « Saint-Loubès Ensemble ») avaient donc, tout naturellement, repris dans leurs tracts, l'expression fourre-tout, comme une formule magique censée capter l’intérêt des électeurs. À une nuance près, tout de même. Car si toutes les listes employaient les mêmes mots, elles ne leur donnaient pas tout-à-fait le même sens. Ainsi, l'une ("Une Dynamique...") avait rangé "son" cadre de vie dans un tout-en-un sécuritaire : il comprenait le respect des règles de circulation ou de stationnement et la propreté. L'autre ("Saint-Loubès Ensemble") avait classé le sien au rayon des promotions en tout genre : le cadre de vie, c'était à la fois l'habitat, la voirie et les espaces verts. Autrement dit, à peu près tout ce qui nous entoure lorsqu'on est dans la rue, mais... pas la propreté des lieux publics ni le stationnement (même s'ils concernent la voirie et les espaces verts) : le cadre de vie était alors classé au rayon sécuritaire. Quant à la dernière liste ("Continuons..."), le stationnement et la propreté n'étaient tout simplement pas son souci : ses tracts avaient fait l'impasse sur la question, aussi bien dans sa rubrique "cadre de vie" que dans sa rubrique "sécurité". Le cadre de vie, c'était autre chose. Plutôt le cadre de vélo... et la voirie qui va avec.
Alors, l’habitant destinataire des tracts s'était peut-être demandé si le respect des règles de circulation et de stationnement allait, enfin, trouver sa place dans les projets des uns ou des autres, tant il était énervé par le sans-gêne de certains conducteurs (1). On sait, par exemple, que le passage des piétons sur certains trottoirs ou allées piétonnes est rendu difficile par les voitures qui s’y garent, ou que des sorties de garage peuvent être bloquées par l’insouciance de quelques usagers qui n’en ont que pour « cinq minutes » … Cet habitant s'était peut-être demande si la propreté sur la voie publique allait rester encore longtemps sous la coupe des adeptes de la rue-dépotoir (1) ou si elle serait enfin défendue comme une qualité de son « cadre de vie ». Histoire, par exemple, de ne pas donner un aspect trop négligé à ces voies qu’on a « décorées » de gravats et autres déchets, ou de poubelles sur les trottoirs… Voilà de « petits détails » qui laisseront les uns indifférents et déclencheront la colère contenue des autres. Les premiers, parce qu’ils sont coutumiers du fait ou l’acceptent ; les seconds, parce qu’ils le subissent.
Car, bien sûr, les "jeux sont faits" (les élections sont passées) et il est temps de voir si la liste gagnante tient ses promesses.
Mais avant, histoire de se remettre en mémoire le laïus des concurrents, petit rappel de leurs "engagements", en commençant, justement, par « Continuons Saint-Loubès ! ».
(1) Bien sûr, ne poursuivez pas cette lecture si vous êtes du nombre.

