La commune est propriétaire d'un bel immeuble en pierre (fin XVIIIe probablement) qu'elle néglige depuis plusieurs années. En fait, depuis que le Trésor public qui le louait est parti fin 2015. Cet immeuble est au 1 rue de Comet, juste en contrebas de la place de l'Église. Il avait été vendu à la commune peu avant 1940 (1).

À la suite de ce départ, le conseil municipal décide de le vendre au prix estimé par les Domaines : 350.000 €. Le maire d'alors, Pierre Durand, est chargé de réaliser la vente par l'intermédiaire des agences immobilières de la commune.
Nous sommes en milieu d'année 2016 (2).
En mars 2020, soit plus de trois ans après cette décision, la vente n'a toujours pas eu lieu.
Pourtant, en décembre 2017, Pierre Durand annonce au conseil municipal qu'une société immobilière privée est intéressée : CLAIRSIENNE, bailleur social et promoteur installé à Bordeaux. La vente serait conditionnée au résultat de fouilles archéologiques obligatoires pour s'assurer que le projet permet la délivrance du permis de construire (l'immeuble est situé dans le périmètre de protection d'un monument historique : la chapelle Saint-Loup, située rue du Prieuré, juste à côté de l'église). Il obtient donc du conseil l'autorisation de signer tous les documents nécessaires pour le cas où le permis serait accordé (3).
Et la vente lui semble tellement acquise que son prix est inscrit dans les prévisions de recettes pour 2017 (4). Ceci au nom du principe de "sincérité budgétaire" - comme le précise le compte rendu - qui commande d'inscrire dans le budget toutes les dépenses et toutes les recettes que les informations disponibles rendent raisonnablement prévisibles. Autrement dit, l'obtention du permis de construire par CLAIRSIENNE est considérée, par le maire, comme une évidence, alors même que les fouilles n'ont pas encore eu lieu. Ainsi, une information cruciale pour apprécier les chances de succès du projet immobilier est négligée pour gonfler artificiellement les recettes du budget.
Et c'est ainsi que l'année 2017 passe comme elle avait commencé : dans l'espoir d'une vente. Mais de fouilles, il n'y en a pas.
Alors, on reporte la prévision "raisonnable" de recette sur 2018 (5)... où, une nouvelle fois, rien ne se passe... pas même un coup de pioche dans le sol qui annoncerait un début de fouille.
(1) Voir la plaquette patrimoine de 2015
(2) Conseil municipal du 28 juin 2016, page 8
(3) Conseil municipal du 19 décembre 2017, page 11
(4) Conseil municipal du 7 février 2017, page 8, confirmé par le conseil municipal du 11 avril, page 2
(5) Conseil municipal du 27 mars 2018, page 2

