Janvier 2019. M. Durand s'accroche à son optimisme : la vente interviendra cette année. Et il reste tellement confiant qu'il fait inscrire, pour la troisième année consécutive, la recette de 350.000 € dans les prévisions budgétaires. « La vente de la trésorerie devrait enfin se réaliser en 2019 (350.000 €) si les conditions archéologiques le permettent » (1). Mais les "conditions archéologiques" restent ce qu'elles étaient depuis 2017 : inconnues et imprévisibles.
Et voilà que le principe de "sincérité budgétaire" prend, avec M. Durand, des allures de jeu de hasard : pile, CLAIRSIENNE achète (les fouilles sont favorables) ; face, CLAIRSIENNE va voir ailleurs.
Il n'empêche que l'ancien maire fait savoir à la population que l'année 2019 sera bien l'année de la vente : le bulletin municipal - le « Mag » n°37 d'avril 2019 - consacre, en effet, une page entière au budget de l'année et l'on peut lire, dans les « recettes d'investissement » : « produits de cession (vente trésorerie) : 350.000,00 € ». Mais il faut sans doute comprendre que la vente aura lieu... si le vent est favorable et sous les réserves d'usage liées aux impondérables du hasard. Le tout au gré des oracles consultés...
Et l'on ne reparlera plus de la vente de la trésorerie jusqu'en... juin 2021 !
Entre-temps, les municipales de 2020 ont dispensé M. Durand de renouveler ses pronostics avisés : il a perdu son mandat de maire et se retrouve relégué au rang de simple conseiller municipal - appointant à 35 € par mois au lieu des quelques 2.000 € auparavant (2) - dans un groupe très minoritaire. La confiance en sa parole s'est perdue dans les troisièmes dessous (3) et, bien entendu... il n'a pas vendu la trésorerie. Mais il n'y a pas eu de fouilles, non plus.
C'est donc en juin 2021, cinq ans après l'autorisation de vendre votée par le conseil municipal, que le sujet revient à l'ordre du jour (4). Et là, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Une première "curiosité" est l'adoption, par la nouvelle majorité, d'une décision de déclassement du domaine public de l'ancienne trésorerie, la vente ne pouvant avoir lieu, comme le rappelle Mme FAVRE, sans ce préalable obligatoire (5). Ce qui laissait entendre que la précédente majorité n'avait pas accompli cette formalité, rendant ainsi la vente impossible. Méconnaissance du dossier par madame le maire et décision inutile puisqu'une délibération du 26 avril 2018 avait bien prononcée la désaffectation et le déclassement de l'immeuble ! (6) Et, apparemment, aucun élu du groupe DURAND, présent au conseil municipal du 30 juin 2021, ne s'en souvenait. Pas même Pierre DURAND qui était pourtant chargé de réaliser la vente...
(1) Conseil municipal 29 janvier 2019, page 9
(2) Lire notre article : Maire de Saint-Loubès : un mandat qui rapporte ?
(3) Au XIXe siècle, à l'Opéra de Paris, lorsqu'une pièce de théâtre étaient mal jouée, les comédiens pouvaient se réfugier dans le troisième sous-sol où ils étaient à l'abri des hués des spectateurs
(4) Conseil municipal du 30 juin 2021, pages 26 et 27
(5) Ce préalable ressort effectivement des sites officiels suivants :
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/competences/biens-relevant-du-domaine-public-biens-relevant-du-domaine-prive,
rubrique : "Sortie du bien du domaine public"
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361323

