Selon un sondage de novembre 2018, publié par Le Monde, une majorité de maires avait déclaré ne pas vouloir se représenter. Un an plus tard, soit quatre mois avant les municipales de 2020, le « médecin revient au chevet du malade et reprend la température » : très légère amélioration, mais à surveiller de près. Et pour cause : un peu plus de la moitié des maires dit avoir l’intention d’abandonner ou reste indécis (51,3 % au total). C’est évidemment l’indécision qui marque la légère amélioration. Et les maux dont le malade souffre sont bien connus : manque de moyens, surcharge de travail, envie d’une vie de famille normale.
À croire qu’avant d’être élus, les candidats n’avaient pas peser la lourdeur de la charge ; et pour les « récidivistes » - les réélus -, que six ans de mandat, au moins, ne leur avaient presque rien appris. Les candidats prendraient-ils ce mandat à la légère ? Seraient-ils motivés par d’autres préoccupations que le souci de servir l’intérêt général ? Mais c’est une autre question… qui pourrait quand même bien expliquer ce constat : la forte abstention des électeurs due à leurs désillusions (voir notre article Les maires : élus préférés des Français (?)).
De tous ces maux dont le malade souffre, un n’est pourtant jamais cité : la gratuité du mandat. Voilà qui rehausse l’estime pour ces incompris du bulletin : et quand bien même auraient-ils mal pesé les contraintes de la fonction, soyons indulgents puisqu’ils sont bénévoles !
Les lecteurs qui ne le savaient pas restent sidérés… et perplexes ! Il leur faut alors autre chose qu’une simple affirmation débitée comme une sornette au comptoir d’un café. Il faut une preuve. C’est l’article L. 2123-17 du code général des collectivités territoriales (CGCT) qui pose le principe : « […] les fonctions de maire, d’adjoint et de conseiller municipal sont gratuites ».
Voilà, tout est dit !... Enfin, pas tout à fait. Car il faut lire la suite...

