L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

Voilà cinq ans que les municipalités successives traînent ce boulet en le présentant comme le projet d’urbanisme de Saint-Loubès pour les dix prochaines années. La municipalité Durand avait prévu de boucler ce dossier en 2019 après l’avoir ouvert en 2016. En vain. La municipalité Favre a elle-même annoncé, en août 2020, une date de bouclage prévisible pour fin 2021, puisqu’elle s’était engagée, dans ses tracts électoraux, à réviser le PLU, alors qu’elle n’était encore que la liste « Saint-Loubès Ensemble ». Peine perdue : en juin 2022, le PLU révisé cherche toujours sa voie.

Mais quand on voit, douze ans plus tard, la mise en œuvre douteuse du PLU de 2007 - rectifié en 2008 -, voulu par les municipalités Roux (1971 - 2008) et Durand (2008 - 2020), on s’interroge quand même sur son utilité.

En fait, ce n’est pas seulement cette mise en œuvre douteuse qui affecte l’aspect de la commune - notamment, les alentours immédiats du bourg -, mais cinquante années d’une pratique de l’urbanisme assez chaotique où le laisser-faire municipal l’a emporté sur le souci de la cohérence architecturale et de l'intégration du neuf dans le paysage. Des vues d’ensemble de Saint-Loubès, comme les vues de détails à l’échelle d’une rue, de quelques habitations et d’édifices communaux, révèlent à quel point la négligence ou le désintérêt pour la mise en valeur de ces lieux dicte trop souvent sa loi.

Ces quelques photos montrent des exemples de cette pratique...

À seulement 150 mètres de la mairie, baraquements communaux. Aspect général d'annexe de la zone industrielle.
Cliquez sur le lien pour vous rendre compte.
Le même lieu, d'un autre point de vue. Les baraquements communaux voisinent avec les maisons anciennes (pierre), à gauche.
Préfabriqué "fatigué" et baraques de chantier à demeure, propriétés communales, à 200 mètres de la mairie.
Les mêmes, d'un autre point de vue : un aspect de "zone".
Deux architectures en conflit : l'ancienne école des filles (1888) et l'école Paul-Jean Toulet (1973).
Ensemble sans harmonie et clôture de l'ancienne école non entretenue.
Les mêmes lieux, d'un autre point de vue : clôtures communales à la va-comme-je-te-pousse !
À 400 mètres du bourg, pavillon face à une maison ancienne. Sans commentaire.
À 700 mètres du bourg, pavillon à côté d'une maison ancienne...
Dans le bourg...
Seule la teinte des murs et des menuiseries du pavillon sont dans le ton.
Toujours le mélange des genres, à moins de 600 mètres du bourg.
À gauche, tuiles noires et clôture en parpaing brut dans le prolongement d'une haie. À droite, tuile canal ocre et clôture végétale.
Le mélange des genres encore, à moins de 800 mètres du bourg.
À gauche, hangar en tôle. À droite, maison ancienne en pierre.
À 400 mètres du bourg, la "zone" : clôtures et toitures en tout genre, esthétique générale douteuse.
À moins de 500 mètres du bourg, une allure de banlieue...
Bordures de trottoir arrachées, conteneurs à déchets posés à tout va, sans souci d'intégration.
À moins de 600 mètres du bourg, toujours une allure de banlieue.
Toitures noires devant et toitures ocres et grises au fond. Une sorte de tambouille architecturale.
À moins de 600 mètres du bourg, une superbe clôture en parpaing brut pour décorer la verdure !
On passera sur les couleurs jaunes, blanches, rosées et noires des murs et des toitures...
À 200 mètres du bourg, paysage pavillonnaire très répandu à Saint-Loubès. Les photos suivantes montrent un habitat semblable autour du bourg.
À 300 mètres de l'église...
Juste en bas du bourg...
Au-dessus des pavillons, le clocher. Il rappelle que Saint-Loubès n'a pas toujours été un village-dortoir.
À moins de 500 mètres du bourg...
Couleurs de toitures et clôtures disparates : tuiles ocres et noires, plastique blanc par-ci, plastique noir par-là, quelques haies aussi...
À moins de 700 mètres du bourg, des entrepôts reconvertis en logements.
C'est aussi ça, l'habitat à Saint-Loubès.
À 700 mètres de l'église...
À moins de 600 mètres de l'église...
Tuiles ocres et tuiles noires, clôtures grillagées, clôtures en parpaing brut...
Juste derrière le bourg...
Malgré des plantations qui masquent les maisons, on voit bien un habitat que le pavillonneur ne s'est pas soucié d'intégrer au bâti ancien.

Une pratique que l’agence d’urbanisme URBAM (1) a mis en évidence en remarquant la perte d'identité du village historique.

Nous y reviendrons en page 12, avec de nombreux exemples récents - logements construits après 2008 - où le PLU est tout simplement ignoré.


(1) Cette agence avait été choisie par la municipalité Durand pour établir le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) adopté par le conseil municipal du 27 septembre 2018, en vue de réviser le PLU actuellement en vigueur. C’est dans un langage un peu compliqué que cette agence évoque le sujet : « l’extension dont la commune a fait l’objet depuis la 2ème moitié du XXe siècle - et qui correspond aux bouleversements qu’a subi la métropole -, a modifié ses composantes et complexifié la perception de son identité. La structure historique de la ville est peu lisible et mérite d’être valorisée » (page 12 du PADD). Ce texte est repris, mot pour mot, dans le PADD rectifié adopté par la municipalité Favre (page 11) lors du conseil municipal du 26 février 2021. Deuxième moitié du XXe siècle ?… C’est dire que l’évolution de l’urbanisme à Saint-Loubès depuis les années 1950 est essentiellement le fait des municipalités Roux et Durand - ce dernier entré dans la majorité Roux en 1983 et devenu maire, à son tour, en 2008 -, puisqu’elles ont occupé la mairie à partir de 1971, soit pendant cinquante ans sur les soixante dix ans retenus par l’agence.

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