Heureusement, la définition officielle - en vigueur, donc, en 2007 - donnée par le code de l’urbanisme qui nous a tellement trituré l’esprit quelques lignes plus haut, se rattrape avec une batterie d’exemples qui décontractent nos méninges. En voici un, très explicite : le PLU peut « déterminer les règles concernant l’aspect extérieur des constructions, leurs dimensions et l’aménagement de leurs abords, afin de contribuer à la qualité architecturale et à l’insertion harmonieuse des constructions dans le milieu environnant ».
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Voilà une prose bien plus intéressante qu’un indice de trois mots. Un PLU peut donc avoir un but esthétique. Il pourrait ainsi interdire de construire un hangar en tôle à côté d’une belle maison, une usine dans un parc public boisé, de boucher les ouvertures d'une maison en pierre à coup de ciment... En somme, tout ce qui aurait pour effet d’enlaidir le paysage ou d’aggraver cette laideur serait proscrit.
Mais tout cela reste facultatif - le PLU peut… - et il appartient donc à la municipalité d’aviser. Elle peut se préoccuper, ou non, de « qualité architecturale » et d’ « insertion harmonieuse des constructions dans le milieu environnant ». Elle peut choisir, au contraire, de s’en remettre au bon vouloir de chacun pour ne pas se heurter à des habitants indélicats - qui sont des électeurs en puissance - ou pour éviter des contrôles de conformité qui épuiseraient l’élu chargé de l’urbanisme et les agents dont c’est le rôle (1). Ou encore pour éviter d’apprendre des règles trop nombreuses qu’il est toujours difficile de retenir…
Pourtant, à Saint-Loubès, la municipalité a décidé, il y a longtemps, de se lancer dans l’aventure du PLU avec, cependant, un souci très modéré de « qualité architecturale » et d’ « insertion harmonieuse des constructions dans le milieu environnant »... auquel semble s'ajouter un contrôle de conformité, même par simple sondage, totalement défaillant. D'où les nombreuses dérives qui "décorent" la voie publique.
Ce souci apparent d'esthétique est révélé par des extraits de règlements du PLU de 2007 adopté par les élus de l'époque (ces extraits sont disponibles ci-dessous et sur le site de la mairie). Les articles UC.11 et UA.11, fixent les règles de l' "ASPECT EXTERIEUR" des constructions dans les zones UC et UA (pratiquement, les zones pavillonnaires et les secteurs anciens, comme le bourg). Il y est question de compatibilité des constructions « avec le caractère des lieux avoisinants perceptibles depuis le domaine public [c'est-à-dire, la rue, principalement] », d'aspect architectural qui comprend les teintes autorisées pour les matériaux apparents, les enduits et les menuiseries, la hauteur et la consistance des clôtures... Mais ces règles n'ont pas empêché les nombreuses dérives dont on peut voir des exemples en page 12.
L'aventure du PLU commence donc avec une délibération du conseil municipal du 7 octobre 2002. Il y a presque vingt ans. Le maire est alors Serge Roux. On décide d’élaborer le premier plan local d’urbanisme, bien qu’un POS - plan d’occupation des sols - existe déjà depuis 1986 qui pouvait être amélioré. Il sera donc abandonné dès que le nouveau PLU prendra le relai.
Il faut près de cinq ans pour y arriver : il est approuvé en juin 2007 et corrigé un an et demi plus tard, en novembre 2008. C’est cette mouture corrigée qui est actuellement en vigueur, elle-même en cours de révision depuis 2016.
(1) Depuis 2015, cependant, ce travail est délégué à la communauté de communes (CdC) qui l'a, elle-même, délégué à la SDEEG, Syndicat Départemental Energies et Environnement de la Gironde, à Bordeaux. Ce point est détaillé en page 11.

