L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

Car 2014, c'est l'année d'une nouvelle élection municipale qui a lieu en mars. Une élection où la municipalité Durand reste en place avec une majorité absolue de sièges... alors qu'elle ne représente qu'un tiers des électeurs inscrits (voir notre article : Les maires : élus préférés des Français (?), page 3 ). Autrement dit, cette municipalité n'est pas représentative des électeurs, mais elle dicte sa loi. Et avec un tel pouvoir, Pierre Durand avait l'occasion - la dernière ? - de tirer les leçons du passé dès le début de son nouveau mandat.

2014, c'est aussi l'année où la loi ALUR rétablit, notamment, l'interdiction du COS. Et elle entre en vigueur en mars également. On sait encore que, depuis l'année précédente, le taux de logements sociaux obligatoires pour Saint-Loubès est passé de 20 % à 25 %, alors que Saint-Loubès n'en a que 12 %.

Il est temps alors de citer les propos tenus, en 2003, par Serge Roux, ce maire satisfait du recul de la loi SRU qui allait lui permettre de continuer un urbanisme de village-dortoir et de maintenir un prix élevé du foncier. « Il serait tout à fait naturel que le PLU soit par la suite modifié ou révisé une fois par mandat selon les projets de l'équipe en place » (1). Ce n'était, bien sûr, qu'un vœu et Pierre Durand - qui n'avait sans doute pas de projet précis en matière d'urbanisme - ne l'avait probablement pas entendu autrement. Mais en mars 2014, tous les indicateurs commandent de mettre à jour le PLU de 2008 pour arrêter les égarements du passé. Il ne tient finalement qu'au maire réélu d'agir au plus vite.

Et bien, Pierre Durand va se précipiter... lentement : ce n'est que trois ans plus tard, en décembre 2016, qu'il commence à se soucier de la révision du PLU (2) !

L'expérience de 2007 a pourtant montré qu'il fallait, à Saint-Loubès, près de 5 ans pour le faire aboutir : première délibération, le 7 octobre 2002 ; approbation en juin 2007. Avec une délibération en décembre 2016, on peut donc s'attendre à une approbation du PLU révisé... en 2021 ! Et encore, à condition qu'un grain de sable n'enraye pas la procédure - par exemple, les nouvelles municipales de 2020 que Pierre Durand n'est pas sûr d'emporter. Par contre, en s'y prenant trois ans plus tôt - dès 2014, donc -, il pouvait raisonnablement compter sur une approbation du PLU révisé en 2019. C'est dire l'intérêt qu'il porte à cette révision...

Pourtant, il annonce, à plusieurs reprises, que le PLU sera bien mis en application en 2019 (3). Et il persiste ainsi jusqu'en janvier de cette même année. Mais un mois plus tard, un premier grain de sable enraye la procédure : la société URBAM, chargée de préparer la révision du PLU - car la municipalité semble peu s'impliquer dans ce travail qui, sans doute, la dépasse et préfère déléguer la tâche à une société privée -, dépose le bilan (conseil municipal du 26 mars 2019). Elle est remplacée par l'agence AU64, quatre mois plus tard, en juillet 2019 (conseil municipal du 3 juillet). Ensuite, on ne parlera plus de la révision du PLU jusqu'aux élections de 2020... où la municipalité Durand ne sera pas renouvelée. Second grain de sable.


(1) Conseil municipal du 2 octobre 2003, page 9 (non disponible sur le site de la mairie)

(2) Conseil municipal du 13 décembre 2016

(3) "Saint-Loubès le mag'" n°26 de janvier 2015, page 4 (lire la dernière phrase de la réponse à la dernière question au maire)
"Saint-Loubès le mag'" n°33 de septembre 2017, page 11, article intitulé : "Révision du PLU - Étape 1 : état des lieux"
"Saint-Loubès le mag'" n°35 de septembre 2018, page 11, article intitulé : "Révision du PLU - Étude de la division parcellaire et la densification"
"Saint-Loubès le mag'" n°36 de janvier 2019, page 11, article intitulé : "Révision du PLU - Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD)"

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