Mais commençons par le commencement : un PLU, qu’est-ce que c’est ?
Se contenter de dire que c’est un plan local d’urbanisme n’éclaire pas notre lanterne.
Et on ne reprendra pas ces définitions obscures qui laissent chacun sur sa faim parce qu’il n’y trouve pas les tenants et les aboutissants de ce qui pourrait l'intéresser : en quoi ce PLU peut-il influencer mon « cadre de vie » ?
Car on se doute qu’un PLU qui permettrait des nuisances de voisinage ne serait pas le bienvenu. Par exemple, autoriser la construction d’un immeuble collectif dont les fenêtres d'étage donneraient sur les jardins de maisons individuelles existantes jusque là à l’abri des regards indiscrets, ou une clôture en parpaing brut qui dégraderait l'aspect de la rue.
Parmi ces définitions, donc, il y a celle, officielle, donnée par le code de l’urbanisme. Et même si la lecture de cette définition est une vraie corvée, c’est celle qui est en vigueur lorsque le PLU de Saint-Loubès est adopté en 2007 : « Les plans locaux d’urbanisme exposent le diagnostic au regard des prévisions économiques et démographiques et précisent les besoins répertoriés en matière de développement économique, d’aménagement de l’espace, d’environnement, d’équilibre social de l’habitat, de transports, d’équipements et de services. » (article L123-1, 1er paragraphe).
Comprenne qui peut !
Et puis, il y a cette autre définition, publiée dans un bulletin municipal de 2017, sous la municipalité Durand et inspirée, peut-être, d’un vague souci pédagogique : « Le plan local d’urbanisme (PLU) est un document d’urbanisme qui permet, entre autres, de définir une stratégie de développement pour l’avenir, de classer des terres à bâtir, d’instituer des règles de construction et de préserver le patrimoine bâti et naturel »… « pour les 10 ans à venir » (« Saint-Loubès mag » n° 33, de septembre 2017, page 11, et « Saint-Loubès mag » n° 34 de janvier 2018, page 3).
« stratégie de développement »... « pour les 10 ans à venir » : des mots, sans doute, excessifs - et même présomptueux - au vu des dérives permises par la municipalité Durand, au nom de ce PLU, et qui ont finalement fait perdre son identité au village historique, selon le constat de l'agence URBAM elle-même. Le PLU ne servirait-il pas simplement de faire-valoir à une municipalité soucieuse de se donner des airs visionnaires sur le papier (dans son bulletin municipal, par exemple)… alors qu'elle est atteinte de myopie sur le terrain ?
Cette définition a quand même un mérite, tout juste visible : celui de fournir un indice. Et cet indice tient en trois mots : « règles de construction ». Ce qui laisse entendre que l’habitant ne peut construire ce qu’il veut, où il veut, comme il veut… ou exactement le contraire, selon les ambitions du PLU et la volonté municipale de l'appliquer.

