Un COS est imposé dans les zones UC et AU. Il est de 0,25 pour la première zone et de 0,20 pour la deuxième (1). Conséquence pratique : en zone pavillonnaire, si la parcelle a une surface de 200 m², le logement ne doit pas dépasser une surface de plancher de 50 m² (200 x 0,25), garage non compris, et, en zone à urbaniser, une surface de 40 m² (200 x 0,20). Ce qui nous donne, dans le meilleur des cas, un pavillon de 4 pièces principales (par exemple : 2 chambres, 1 séjour et 1 salon) dont chacune aura une surface moyenne de 12 m² (en fait, moins, puisqu'il faut tenir compte d'une salle de bain, d'un WC, d'une cuisine et d'un petit couloir). Le plus souvent, la construction d'un étage est exclue puisque la surface de plancher de cet étage serait comptée. Les COS des zones UC et AU favorisent donc un habitat de plain-pied quand il est construit sur une petite parcelle. Pour une surface de logement plus importante, de plain-pied ou avec étage, il faut un terrain plus grand : par exemple, un terrain de 600 m² si la maison a une surface de plancher de 150 m² (600 x 0,25). On comprend, dans ces conditions, que l'habitat pavillonnaire ait un tel succès à Saint-Loubès, avant comme après 2008, au détriment de l'habitat collectif, moins gourmand en terrains et plus conforme à un souci de "développement durable".
Voici des exemples d'habitat pavillonnaire réalisé entre 2009 et 2012, et toujours très dispersés sur la commune (l' "étalement urbain") :
- le lotissement "Les Jardins de Fouquey", à 700 mètres du bourg à vol d'oiseau, situé, en partie, en zone inondable. 67 logements sortent de terre en 2009. L'immense majorité sont des logements de plain-pied ;
- le lotissement "Domaine de l'Eau Vive", à 1,5 kilomètre du bourg, en bordure de la zone industrielle de La Lande. 9 maisons sont construites dans le chemin de Couvertaire, en 2009-2010, dont 7 pavillons ;
- le lotissement "Les près de Loustalot", à un peu plus d'un kilomètre du bourg, bâti dans le chemin de l'Oustalot, courant 2010. 22 logements apparaissent dont 21 sont de plain-pied ;
- entre 2010 et 2012, un lotissement est créé donnant sur le chemin des Anglais par une nouvelle voie, la rue de la Vieille Ferme (à 600 mètres). 20 pavillons sont construits. Dans la même période, 18 autres forment le "Clos du Gary", à un peu moins d'un kilomètre, qui donne sur le chemin du Gary.
Soit plus de 130 pavillons en 4 ans, situés exclusivement en zones UC et AU où le COS empêche, pratiquement, les constructions à étage en raison de la petite taille des parcelles. Pour Serge Roux, puis Pierre Durand, le "développement durable" semble n'être qu'une lubie de ministre soucieux de suivre la mode.
Quant à la zone UA, elle échappe à la règle du COS car le bâti ancien est historiquement un habitat à étage concentré, édifié sur de petites parcelles qui ne comportent pas toujours un jardin (le bourg, principalement, auquel le PLU ajoute le port de Cavernes, Jean Videau et Toignan, mais exclut Le Truch et Terrefort alors que le bâti ancien y est aussi concentré). Il est donc possible d'y construire dans les mêmes conditions, c'est-à-dire jusqu'à « deux étages sur rez-de-chaussée » (2), ou R+2, et en respectant, en principe, le style architectural propre à cette zone. C'est ainsi qu'un immeuble collectif de 15 appartements est livré en 2019, donnant sur l'avenue de la République et le parc de La Coupole. Il est appelé "Les Jardins de la Coupole". C'est le seul exemple, à Saint-Loubès, de construction en zone UA postérieure au PLU où le souci d'intégration global au bâti ancien est respecté (enduit de teinte pierre, décoration en pierres de placage, corniche, fenêtres allongées et non carrées, tuiles rappelant la tuile canal). On trouve un autre exemple d'immeuble récent un peu semblable à Cavernes, mais en zone UC, chemin de la Cavernières. Un immeuble collectif n'est donc pas forcément un bloc de béton à l'image de ces barres de banlieues. Ils peuvent avoir une certaine tenue pour peu le PLU s'en préoccupe et que le maire y veille.
Mais voilà qu'une petite évolution semble se produire à partir de 2010 : on "pavillonne" un peu moins et on "élève" un peu plus.
(1) Articles UC.14 et AU.14 du règlement de chaque zone
(2) Article UA.10 du règlement de la zone

