Mais en novembre 2017, l’explication ne tient plus. L’homme ne pouvait échapper aux regards, notamment du personnel de la médiathèque dont on peut penser qu'il n'est pas resté insensible et a sans doute alerté qui de droit. Il faudra pourtant attendre un coup de fil passé à la mairie par la correspondante du journal, puis sa publication le 30 novembre 2017 dans Le Résistant, pour changer la donne.
À partir de là, les choses s'accélèrent. On apprend d’abord que les deux logements d’urgence (1) - inoccupés - sont impropres à leur destination et « indisponibles pour six mois ». Il y aurait un problème sanitaire… Et aucune solution de rechange n’est prévue. Pourtant, une solution est trouvée : l’ancienne maison du directeur de l’école Hector Ducamp, face à la mairie, désaffectée et inoccupée depuis longtemps. Elle est destinée, après travaux, à recevoir la nouvelle salle du conseil municipal et la salle des mariages. Il y a le chauffage, l’électricité et l’eau. C’est là, finalement, que Joël va habiter quelques temps, au moins jusqu’en février 2018, le temps que la mairie trouve le moyen… de l’éloigner !
Et comme un concours de circonstances macabre, un SDF sera découvert le 28 février 2018, mais cette fois mort de froid dans un sous-bois de Saint-Loubès…
(1) Ces deux logements d'urgence étaient encore présentés sur le site de la mairie de Saint-Loubès jusqu'en 2020. Ils ne le sont plus aujourd'hui (en 2021) bien que le site de la communauté de communes du secteur de Saint-Loubès précise qu'ils sont gérés directement par cette commune. De son côté, le site de la mairie de Saint-Loubès renvoie vers la site de la communauté de communes pour toutes les questions de logement d'urgence et garde le silence sur leur gestion éventuelle par la mairie. Pourtant, il résulte d'une délibération du centre communale d'action sociale (CCAS) de la commune de Saint-Loubès du 7 septembre 2020, signée par madame Favre, que le CCAS dispose bien de deux logements d'urgence et qu'il en fixe lui-même le tarif d'occupation.

