L’enquête révèle que « des apports non contrôlés de déchets ménagers, de déchets de chantiers », etc, persistent malgré la fermeture de l’ancienne décharge. Il s’agit de dépôts sauvages. Elle constate aussi « la présence, à même le sol, de déchets, huiles et hydrocarbures susceptibles de générer une pollution des sols et des eaux ». Car, en aval de cette décharge, c’est-à-dire entre celle-ci et la Dordogne, se trouvent de petits étangs - chemins de la Moulinotte, de la Landotte…, dont certains attirent des pêcheurs - et « des puits pour le prélèvement d’eau individuel ». Cette eau prélevée par les particuliers - par exemple, pour un simple arrosage - peut donc être contaminée.
Pour qu’il y ait dépôts sauvages, il faut une absence ou une insuffisance de protection ou de contrôle du site par la mairie. D’où la première mise en demeure du préfet, en 2004, adressée à Serge ROUX. Il lui est ordonné, en sa qualité de maire :
- de suspendre le fonctionnement de la décharge,
- de mettre en place des moyens interdisant son accès,
- d’implanter une signalisation bien visible avertissant des dangers du site et de l’interdiction d’y pénétrer,
- d’évacuer la totalité des déchets dans une installation dûment autorisée,
- de fournir dans les trois mois (en mars 2005, au plus tard) un dossier comprenant une évaluation simplifiée des risques (ESR) en vue d’une remise en état des lieux.
Car, non seulement aucune mesure de protection des habitants - notamment des riverains - n’avait été prise, mais son exploitation n’avait pas été autorisée par le service chargé de surveiller les installations classées pour la protection de l’environnement.
Comment réagit Serge ROUX à cette mise en demeure ?… Il semble qu’il continua son train-train comme si de rien n’était - et, bien sûr, le bulletin municipal ne dira pas un mot des dangers de cette décharge. Car trois ans plus tard, le 16 janvier 2008, un rappel à l’ordre du préfet lui est à nouveau notifié. Deux rapports d’août et de décembre 2007, le dernier de l’inspecteur des installations classées, montrent, en effet :
- qu’aucun moyen n’a été mis en place pour interdire, en permanence, l’accès du site et qu’aucune signalisation n’avertit des dangers ni de l’interdiction d’entrer,
- que le site produit des « dégagements importants de méthane susceptible de générer un risque d’explosion, ainsi qu’un risque sanitaire par contact direct au niveau des sols du à la présence de plomb, cuivre, arsenic, chrome… ».
Mais aussi parce que le maire n’a toujours pas fourni le dossier complet qui lui était demandé sur l’évaluation des risques et les mesures à prendre - dossier qu’il aurait dû fournir en mars 2005 au plus tard !

