En janvier 2008, Pierre DURAND n’est pas encore maire. Il le sera dans deux mois, lors des élections de mars. Pour l’instant, il est adjoint.
Mais une semaine après la seconde mise en demeure du préfet, Serge ROUX sort de sa routine : il prend enfin un arrêté qui interdit l’accès à la décharge, prévoit de la faire clôturer et de poser une signalisation qui répond aux exigences du préfet. L’ « initiative » n’est pas inspirée par une sagesse qu’aurait acquise tardivement ce maire… mais par la menace, sans ambiguïté, du préfet : « Faute pour l’exploitant [la mairie de Saint-Loubès] de se conformer aux dispositions du présent arrêté », le maire s’expose à des poursuites pénales et à devoir verser une somme correspondant au montant des travaux à réaliser (montant, bien sûr, à la charge des habitants puisque le maire ne paie pas sur ses indemnités de fonction ou sur son patrimoine personnel les conséquences de sa mauvaise gestion et de ses négligences).
Pour ce qui est du dossier complet d’évaluation des risques et des mesures à prendre pour empêcher ou limiter la pollution, il reste à établir.
Et puis les élections arrivent deux mois après. L’ancien adjoint Pierre DURAND, prend du galon : il devient maire. Serge ROUX prend du repos : il redevient simple conseiller municipal, à l’abri des pressions du préfet. C’est ainsi que les quatre années suivantes s’écoulent comme un long fleuve tranquille : M. DURAND oublie la décharge que personne ne semble plus surveiller. Personne… sauf l’inspecteur des installations classées qui revient le 12 décembre 2012 pour voir les progrès de la mairie.
Mais des progrès, il n’y en a pas... ou peu : la clôture du site « reste très partielle, laissant ainsi un accès libre pour des apports illicites de déchets de toutes natures (dangereux ou non dangereux) ». L’inspecteur constate aussi « la présence de déchets ménagers et résidus urbains constitués de plastiques, ferrailles, bois, bidons et emballages… ». Autrement dit, le nouveau maire est le digne successeur du précédent : la propreté et la protection de l’environnement - et des riverains victimes des nuisances - restent le cadet de ses soucis. Au point qu’un mois après sa nouvelle visite, l’inspecteur établit un rapport accablant le 16 janvier 2013 : le site a presque conservé son aspect de 2004, quand la clôture restait à réaliser, la signalisation informant des dangers restait à poser, les déchets restaient à évacuer vers une installation classée. Et c’est ainsi que, depuis la première mise en demeure du préfet, il y a huit ans, les apports sauvages de déchets ont continué grâce, cette fois, à la négligence avérée de Pierre DURAND.

