La promesse était de « développer des espaces végétalisés avec 1000 arbres à planter par an dans les espaces publics et privés (don au particuliers, don aux entreprises) » (mesure 29 du tract d'avant le second tour et 7ème page du même tract). Autant dire de suite que les dons aux particuliers et aux entreprises sont invérifiables. De plus, on peut s'interroger sur la régularité de tels dons, qui ne profitent pas à la collectivité mais à des intérêts privés, bien que réalisés sur fonds publics... Aussi, nous ne prendrons que deux exemples de plantation sur des espaces publics (terrains communaux) : ceux de la cité Cajus, face du collège, où se trouve une bande de terrain d'herbe et quelques arbres, plus ou moins négligée, et le passage Saint-Aignan, donnant sur la rue Max-Linder, en centre-bourg.
C'est sur la bande de terrain négligée de la cité Cajus que madame Favre promettait de planter une « micro-forêt » dès 2020. On passera sur cette expression fumeuse dont aucun dictionnaire de la langue française ne donne une définition (1). Selon le bulletin municipal de décembre 2020 (bulletin n°41, page 2, article « Îlot des Cajus »), « plus de 800 pieds, de 1 à 3 ans, seront mis en place [en 2020] » à cet endroit. En réalité, 280 pieds environ semblaient y avoir été plantés (nous nous étions déplacés pour les compter, en octobre 2022). Et encore, ces 280 pieds comprenaient-ils les pieds avec feuilles mortes (par manque d'arrosage en période de sécheresse ?...) et les tuteurs sans pied (pieds arrachés ou jamais plantés ?...).
Quant aux pieds plantés dans le passage Saint-Aignan, on pouvait en dénombrer environ 25 (là aussi, en comptant un pied cassé et des tuteurs sans pied).
Soit un total d'environ 300 pieds. Non seulement on est très loin du compte, mais une petite visite des lieux montre, 4 ans plus tard, l'état de tout cela !...
Le poème de madame Favre, c'est donc bien « l'hôpital qui se moque de la charité » !
(1) L'utilité de ces plantations urbaines ne semble pas établie et pourrait correspondre à un effet de mode. Voir, par exemple, cet article de l'Institut Paris Région et cet autre qui qualifie l'expression de « micro-forêt » de « concept plus marketing que scientifique ». Un article du Museum National d'Histoire Naturelle estime que cette pratique n'est qu'un élément « dans la panoplie des actions à développer ».

