Avec ce compte-rendu du 13 mai 2026, Antoine de TOURNEMIRE semble renouer avec la fâcheuse pratique de Pierre DURAND qui s'abstenait de préciser ce montant pour s'en tenir au seul rappel de la formule légale indigeste de l'article L 2123-20 du CGCT (voir notre article : Maire de Saint-Loubès : un mandat qui rapporte ?, page 3), c'est-à-dire un certain pourcentage « de l'indice brut terminal [de l'échelle indiciaire] de la fonction publique » citée plus haut.
Voilà qui est censé éclairer l'habitant sur le montant de cette indemnité. Et pour une meilleure information, « prière de vous renseigner et de faire vous-même le calcul... ».
C'est donc ce que nous avons fait par des recherches sur internet à l'allure d'un véritable jeu de piste.
« l'indice brut terminal de la fonction publique », nous l'avons trouvé ici : il est de 4.110,52 € en montant mensuel au 1er janvier 2026 (le montant est indiqué en page 9 du document). Antoine de TOURNEMIRE perçoit donc, pour son mandat de maire, une indemnité mensuelle de fonction de 2.195 € (53,40 % x 4.110,52 €).
Mais ce n'est pas tout : le candidat TOURNEMIRE prévoyait de siéger à la CdC en cas d'élection majoritaire de sa liste (le nom des candidats, dont le sien, figurait dans le tract électoral envoyé par voie postale).
Ce qui est arrivé, avec cette conséquence qu'il en est devenu l'un des vice-présidents bénéficiaires d'une indemnité mensuelle de fonction supplémentaire (fonction qui est d'ailleurs omise sur le site municipal). Cette fois, nous n'avons pas eu à chercher ce montant car il est fourni par la CdC elle-même, dans son « Récapitulatif des indemnités » d'avril 2026. Il est de 846,35 €.
Ainsi, le total des indemnités mensuelles de fonction perçues par Antoine de TOURNEMIRE s'élève à 3.041,35 € (sous réserve, bien entendu, d'autres fonctions qu'il aurait obtenues du seul fait de son élection comme maire, et dont nous n'avons pas connaissance à ce jour).
Encore deux remarques...
Le compte-rendu précise que « L'enveloppe globale annuelle du crédit indemnitaire s'élève à 160 310,76 € ». C'est donc le montant total qui peut être réparti entre tous les élus, maire compris, au titre des indemnités de fonction. Ce montant est à rapprocher des pénalités de carence que paie la commune à l'État pour l'insuffisance de logements sociaux : 153.931 € en 2025, selon le rapport d'orientations budgétaires pour 2026 de Sébastien ROUX, ex-adjoint aux finances d'Emmanuelle FAVRE (voir notre article Les bizarreries du rapport d'orientations budgétaires pour 2026, page 4).
Nous reprenons alors la conclusion de cet article en forme d'interrogation : ces 160.310 € ne seraient-ils pas mieux utilisés en paiement des pénalités de carence qu'en rémunération des élus dont la fonction, réelle ou supposée, est, en principe, gratuite ?
Dans son tract électoral, la liste de TOURNEMIRE voulait « arrêter et réévaluer les projets qui mettent en danger la situation financière de la commune » avec le souci de « Maîtriser les dépenses et assurer une gestion rigoureuse des finances ». Voter 160.310 € de crédit indemnitaire, au bénéfice essentiellement du maire et de ses adjoints, ne serait-il pas un premier coup de canif dans cette promesse de rigueur ? D'autant plus que ce crédit indemnitaire est en hausse de 25 % par rapport à celui de 2025 (voir notre article Les bizarreries du rapport d'orientations budgétaires pour 2026, page 4).

