L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

L'initiative de madame Favre a suscité un certain intérêt de la presse locale - et même au-delà - pour la cuisine loubèsienne. France 3 région, le journal Sud Ouest, La Dépêche, RTL, et Europe 1 ont braqué leur projecteur sur la toque - non étoilée - de la nouvelle chef de cuisine. BFM - RMC a même pris le parti d'un entretien vidéo assez polémique entre sa présentatrice et Emmanuelle Favre...

Comment cette presse a-t-elle eu connaissance de la "recette" loubèsienne ?... Information communiquée par la majorité Favre pour "faire briller" la nouvelle maire ?... Divulgation par un membre du personnel opposé au CIA ?... Démarche des opposants du conseil municipal ?... Allez donc savoir !

En tout cas, l'inquiétude sur l'absentéisme dans les collectivités locales en Gironde est dans l'air du temps depuis que la chambre régionale des comptes de Nouvelle Aquitaine, une juridiction financière chargée de vérifier les comptes de ces collectivités, a pointé du doigt, en septembre 2020 (donc, peu de temps avant l'initiative de madame Favre), l'absentéisme important dans une autre collectivité, proche de Saint-Loubès, celle de Bordeaux Métropole (ex-CUB). Car l'absentéisme y est supérieur à 30 jours par an pour les agents titulaires (voir point 8.3.2.1, page 108 du rapport). Une situation déjà signalée, en 2016, par la presse locale, pour des communes du bassin d'Arcachon. À Arcachon, en particulier, une prime à la présence est employée depuis 2010, et l'absentéisme, en 2016, était inférieur à 6 %.

La prime à la présence n'est donc pas nouvelle et madame Favre a peut-être simplement emprunté l'idée... en négligeant seulement d'en étudier les détails légaux (ou sans les connaître), ce qui va lui jouer un mauvais tour.

Car en se propulsant les redresseurs de comptes avec un moyen légal non maîtrisé (le CIA), elle s'est aventurée en terrain glissant. Et l'assistance d'un adjoint aux finances, Sébastien Roux, et du tout nouveau directeur général des services (DGS), recruté début 2021, lui sera aussi utile pour préparer sa recette qu'une casserole percée. Il faut dire que si le premier ressemble plutôt à un expert improvisé des finances communales (1), le second laissait, par contre, supposer une réelle compétence juridique qui lui aurait permis d'informer madame Favre des risques certains de glissades à vouloir se servir du CIA, à sa manière, pour ramener les absents au fourneau. Rôle qu'il a peut-être d'ailleurs joué. Il n'aurait pas alors été entendu... En tout cas, voici les propos qui lui étaient prêtés dans le bulletin municipal n°42 de janvier et février 2021 (page 5) : « Le deuxième dossier [que le DGS devait traiter] porte sur l'optimisation du fonctionnement de l'ensemble des services municipaux, de manière à simplifier et à rendre leur organisation plus cohérente. Enfin, il me faut contribuer à l'amélioration de la qualité des prestations rendues aux loubésien.ne.s tout en veillant là aussi à la sécurité juridique ». Or, c'est précisément cette sécurité juridique qui va manquer à la recette de madame Favre.


(1) L'activité professionnelle de Sébastien Roux, créateur du cabinet PREFACE et 3ème adjoint aux finances, est le "conseil pour les affaires et autres conseils de gestion". Et comme le précise la présentation de son cabinet, « il accompagne les organismes souhaitant déposer et porter des projets Erasmus+ sur les secteurs de l'enseignement et la formation professionnels (EFP) et de l'éducation des adultes (EA) ». Une activité professionnelle qui, a priori, ne le destine pas vraiment à maîtriser les règles des finances communales, et encore moins celles du très particulier CIA (pour obtenir le lien vers le profil qu'il a publié sur internet, copiez-collez ces mots "sébastien roux preface linkedin" dans Google ou un autre moteur de recherche).

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