L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

Trente ans plus tard donc, cela nous amène aux années 2003 à 2005. Les ventes de communaux remplissent facilement les caisses de la mairie qui peut ainsi, sans trop d’effort, financer ses projets. La Coupole en est un exemple : la vente d’un terrain à la société Lafarge permet sa construction dans les années 1990.

Mais le choix de la facilité a ses limites. L'extension de la zone industrielle rapporte de l'argent mais attire les poids lourds qui font de Saint-Loubès un terrain de prédilection pour éviter la rocade bordelaise. Serge Roux, qui, dès l'origine, ne mesurait pas - ou voulait ignorer - les conséquences d'un urbanisme anarchique tout comme celles d'une zone industrielle incontrôlée, semble bien tardivement prendre conscience des dégâts causés par la seconde. Et encore !... Nous nous référons à ses propos tenus lors du conseil municipal du 1er décembre 2003. Il avait alors annoncé le réaménagement de la circulation dans le bourg et, plus précisément, dans l’avenue de la République, dans le but, notamment, de « décourager au maximum la vitesse et les poids lourds en centre-ville ». Mais en centre-ville seulement ! Faut-il comprendre que, il y a une vingtaine d’années, les poids lourds, qu’ils soient en transit ou non, ne passaient jamais, ou presque, par la route d’Yvrac et d’autres raccourcis ?… En tout cas,  l’A10 et la voie express de la N89 étaient bien là, avec les sorties qui vont avec !

C’est à l’occasion de ce réaménagement, en 2005, que Serge Roux prend une mesure radicale : il interdit, par arrêté, le passage des poids lourds de plus de 7,5 tonnes sur la D242 (route d’Ambarès, avenue Pasteur, avenue de la République, route de Libourne), à l’exception de ceux en « desserte locale » et des véhicules de service public. Une mesure prise à la suite d’une enquête réalisée sur trois jours, entre le 25 janvier et le 1er février 2005, pendant treize heures, et qui révèle le passage d’une moyenne de 25 poids lourds à l’heure… dont plus de la moitié en simple transit !

Enfin ! Le maire s’est réveillé, direz-vous. Mais alors pourquoi ces poids lourds continuent-ils, aujourd’hui, de passer sur cette départementale ?… Pierre Durand, ancien adjoint et successeur de Serge Roux depuis 2008, vous répondrait ceci : parce que, la même année, le tribunal administratif de Bordeaux avait annulé cet arrêté. Réponse partiellement fausse et cependant mentionnée dans son tract électoral de 2020, révélant son ignorance des problèmes des riverains. Ignorance... ou indifférence ?

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