Seulement, si l'excuse devait servir, il y aurait un bémol, et non des moindres : les promesses électorales de la liste Favre étaient indépendantes de la construction du collège de Montussan et de l’impact éventuel d’une modification de la carte scolaire. Car cette construction avait déjà été annoncée en 2019 par l'ancien maire (page 14 du compte-rendu du conseil municipal de novembre 2019). Voici ses propos : « Il va y avoir un collège à Montussan, ce qui va permettre de modifier la carte scolaire et réduire les effectifs du collège Max-Linder. Si les collégiens d’Izon partent aussi à Arveyres [où la rénovation du collège est terminée depuis la rentrée 2022], il serait possible de repasser sous la barre des 900 élèves. La mairie a néanmoins reçu un courrier du rectorat annonçant que les effectifs augmenteraient avant la livraison du nouveau collège [en principe, à la rentrée 2025]. Par contre, il est hors de question que de jeunes loubésiens ne soient pas scolarisés à Saint-Loubès ». Autrement dit, la priorité donnée aux « mobilités douces », par la liste Favre, ne pouvait ignorer les projets du département qui n'avaient rien de secrets. On peut alors être surpris que Mme Favre n'ait pas anticipé une évolution possible de la carte scolaire en interrogeant le département sur ses intentions plutôt que d'adopter une position attentiste qui lui vaudra de se laisser surprendre. Elle écrira, en effet, dans une lettre publique du 21 juillet 2022 : « cette proposition [de carte scolaire provisoire par le département a été] présentée dans l'urgence ».
Bien sûr, l'ancien maire - devenu simple conseiller municipal de la minorité - aurait pu, lui-même, prendre l'initiative d'interroger le département, quand il en était encore temps. Mais, apparemment, il ne jugeait pas prioritaire cette question scolaire.
Ainsi, non seulement la liste Favre avait fixé un budget pour les "déplacements doux", mais elle avait aussi promis :
- de « mailler les quartiers par des pistes cyclables et des parkings à vélos sécurisés »,
- d' « aménager et sécuriser les cheminements piétons »,
- de « devenir l'Autorité Organisatrice de la Mobilité pour penser et articuler les modes de transport à l'échelle de notre communauté de communes » (dont font parties Montussan, Saint-Sulpice-et-Cameyrac et Sainte-Eulalie, mais non Izon),
- de « rénover et aménager la voirie et les trottoirs en favorisant l'accessibilité pour tous ».
Tout cela, donc, indépendamment des projets du département. Mieux : cette liste s'était même engagée à « aménager immédiatement le 1er circuit de pistes cyclables (1) centre-ville (2) / collège » dès le second semestre 2020 (voir notre article : Mme Favre : « 30 mesures concrètes dès 2020 ! » [page 3, mesure 11]). En novembre 2022, ce premier circuit n'a toujours pas vu le jour !
(1) La définition de la piste cyclable est donnée par l'article R110-2 du code de la route (10ème définition). Elle n'est pas laissée aux fantaisies littéraires des candidats aux élections municipales.
(2) Le centre-ville se limite à l'ancien bourg (constructions en pierre comprises dans le périmètre de protection de la chapelle Saint-Loup). Au-delà, le paysage est très généralement marqué par des extensions pavillonnaires construites depuis les années 1970 où peuvent exister des "chemins partagés" qui ne sont pas des pistes cyclables (trottoirs avec marquage au sol pour la circulation des vélos et des piétons).

