L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

Évidemment, on se doute que des contacts avaient déjà été pris auparavant entre certains élus majoritaires et des promoteurs, et cela bien avant que le commissaire enquêteur termine son rapport le 16 mai 2025.

Car il ressort d'un rapport d'orientation budgétaire préparé par Sébastien ROUX, l'adjoint aux finances, que la vente de ce terrain était déjà prévue au début de 2023 (page 18). Le rapport précise, en effet : « En outre, la commune envisage la cession de deux biens : l'ancienne trésorerie de Saint-Loubès dont la vente est en cours depuis janvier (240 k €) ; une fraction du terrain situé au lieu dit "Bidon" en faveur d'une opération de logement en coopérative HLM ».

Cette mention est donc intervenue après que l'agence d'urbanisme ait réalisé ses études de terrain en août 2017, octobre 2019, avril 2021 et août 2022 (voir les pages 106 et 107 du tome 3 du rapport consacré à l'évaluation environnementale). On peut ainsi lire : « les inventaires de terrain ont été ciblés sur les secteurs susceptibles d’être concernés par un développement urbain : zones AU du PLU actuel et dents creuses ». Les Places de Bidon étaient donc concernées par ce développement en tant que « dent creuse » (en français : terrain nu entouré de constructions) et les sondages n'y avaient donc révélé aucune zone humide.

Puis, un peu plus de deux ans après le rapport de M. ROUX, un compte-rendu du 2 avril 2025 avait annoncé cette vente à la société ALUR au même prix (3.700.000 €).

Quelques différences apparaissent tout de même, entre avril et juin 2025, dans les conditions posées par la mairie aux acquéreurs potentiels. Parmi elles, la nécessité de préserver une « zone humide identifiée par l'enquête environnementale du PLU ». Mais de quelle enquête environnementale du PLU s'agit-il puisque, comme on vient de le voir, celle menée par UA64 et ETEN n'avait révélé aucune zone humide sur le terrain communal ?

Pour la première fois, une zone humide était donc découverte et le public l'apprenait dans ce compte-rendu de juin. Découverte d'autant plus surprenante que, à peine deux mois auparavant, le 2 avril, il n'en avait pas encore été question.

Alors, l' « enquête environnementale du PLU » révélée en juin serait-elle une erreur de rédaction qu'aucun élu n'aurait remarquée (alors que chacun est censé savoir sur quoi a porté cette enquête) ? Ou bien s'agit-il d'une autre enquête, menée par un expert non identifié, parallèlement à celle du PLU ?

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