Selon l'expert, la zone humide ne concerne pas seulement 5 % du terrain communal (0,1 ha sur 1,9 ha), mais... la totalité !
Et c'est ainsi que l'on apprend la chute du prix de vente du terrain, à la demande d'ALUR, passant de 3.700.000 € à 3.100.000 €.
Nous sommes le 6 novembre 2025. Le conseil municipal vient d'avoir lieu.
M. LEFRANÇOIS, adjoint à l'urbanisme, y explique que l'enquête environnementale de la société ALUR est basée sur l'enquête faite dans le cadre du PLU, laquelle indiquait une zone humide de 150 m2. Mais nulle part, dans les documents publics actuellement disponibles en ligne sur le site « Gironde Numérique », n'apparaît cette surface pour les Places de Bidon.
Mais il y a mieux : le compte rendu du conseil municipal ne dit rien des près de 100 % de zone humide qui affecterait le terrain communal ! Au contraire, il n'évoque que les 150 m2 dont parle M. LEFRANÇOIS et qui expliquerait la chute du prix. Autrement dit, une zone humide représentant 0,8 % du terrain (150 m2 / 19.000 m2) provoquerait une chute de 16 % du prix (600.000 € / 3.700.000 €). Cette conclusion est absurde et l'on comprend que les explications de l'adjoint à l'urbanisme ont été d'une telle clarté que le rédacteur du compte rendu (François VOLF) y a sans doute perdu son latin (ou s'est désintéressé du sujet malgré un "devoir" à remettre...).
Extrait des diapositives présentées au conseil municipal du 6 novembre 2025
(selon M. LEFRANÇOIS, la zone humide estimée initialement ne serait que de 150 m2, et non d'environ 1.000 m2, ce qui est contredit par la comparaison des surfaces avec la parcelle 1276)
Et pour en arriver là (moins 600.000 € pour les finances de la commune), il a fallu cet aveuglement des élus qui ont ignoré cette question de simple bon sens : pourquoi l'expertise de la société ALUR serait-elle plus fiable que l'expertise d'UA64 et d'ETEN ?
Car la face cachée du projet est bien là : les expertises sont radicalement contradictoires et rien ne permet d'affirmer, au vu des seuls éléments fournis en conseil municipal, qu'une expertise est préférable à l'autre.
Mais pour s'apercevoir de cette contradiction, encore fallait-il que les élus, notamment M. LEFRANÇOIS et Mme FAVRE, connaissent le dossier du PLU autrement que dans les grandes lignes. On sait ce qu'il en est...
Il fallait donc une contre-expertise qui aurait réuni l'expert d'ALUR et UA64 avec son partenaire ETEN, à laquelle aurait participé un élu concerné (donc, M. LEFRANÇOIS ou Mme FAVRE) et la société ALUR. Une telle démarche est connue : voir cet article et celui-ci.
L'absence de demande de contre-expertise s'explique sans doute aussi pour une autre raison que la méconnaissance du PLU...

