L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

Des cartes postales d’avant 1914 les montrent dans la Grand’Rue ou rue Principale - actuelle avenue de la République -, dans la route de l’Ecole des Filles - actuelle rue du Stade -, dans le passage du cimetière - actuelle passage de l’Ancienne Halle - et aux abords immédiats de l’ancienne gare - le parking actuel. Ces trottoirs sont toujours là, même si des changements mineurs les ont un peu remodelés.

Avenue de la République, depuis l'entrée de la rue du Stade, vers Ambarès, avant 1914 et en janvier 2022.
Rue Principale, à l'époque. Les anciens trottoirs sont très visibles.
Avenue de la République vers la place de la mairie, avant 1914 et en janvier 2022.
Dans l'ancienne photo, on voit un berger et ses moutons qui passent dans la rue d'un bourg très rural où la circulation automobile est rare.
La rue du Stade depuis l'avenue de la République, avant 1914 et en janvier 2022.
Route de l'École des Filles, à l'époque. Dans l'ancienne photo, on voit les trottoirs, à gauche et à droite.
Vue sur le passage menant au cimetière, avant 1914 et en janvier 2022.
Passage de l'Ancienne Halle, aujourd'hui. La photo a été prise depuis l'étage de la boutique de l'ancien sellier (actuel fleuriste de la rue du Stade). Les trottoirs sont déjà là.
Le bâtiment de l'agence bancaire remplace un jardin où se trouvait l'arbre que l'on voit à gauche de l'ancienne photo.
Route de la gare avant 1914 et en janvier 2022.
Dans l'ancienne photo, on voit nettement le trottoir à droite, le long de la clôture.

Mais à l'époque, Ils ne sont pas créés pour favoriser la marche et réduire la pollution. Au contraire. Il faut faciliter la circulation des véhicules à moteur (essence et diésel) - et les transports à cheval, encore très répandus -, un piéton sur la chaussée étant une gêne pour l’essor de l’automobile (1). La solution est donc de l’éloigner de cette chaussée et de lui faire longer les murs, près des vitrines des boutiques, des comptoirs de cafés et des entrées de gare : il ne faut pas seulement soutenir l’industrie automobile (2), il faut aussi donner aux trottoirs une utilité marchande en les plaçant au plus près des commerces locaux. Un souci qui ne vaut, bien sûr, que dans les zones habitées et fréquentées, parce que, en rase campagne… c’est chacun pour soi ! Autrement dit, si une automobile passe par là, il vaut mieux que le piéton saute dans le fossé ! Nous sommes donc avant 1914.

Le trottoir n'a donc jamais eu un but « écolo » - à la différence des rues piétonnes - et seuls des discours opportunistes lui attribuent des vertus imaginaires alors que l'autorité municipale laisse les voitures y stationner allant même, parfois, comme on va le voir, jusqu'à réaliser des travaux de voirie qui le font disparaître.

Enquête sur le sujet en faisant un grand saut vers le futur pour arriver, grosso modo,... au Saint-Loubès des vingt dernières années !...


(1) En France, les premiers trottoirs apparaissent à Paris avant la Révolution. C’est dire que le souci de protéger l’environnement n’est pas à l’ordre du jour. Et toujours à Paris, ils se développent à partir de 1850, non pour protéger les piétons, mais pour faciliter la circulation des chevaux puis des voitures (que les piétons peuvent gêner !)… Voir ici.

(2) Depuis 1883, une raffinerie de pétrole était installée à Saint-Loubès, au port de Cavernes. Elle sera détruite le 7 août 1944 par l’aviation alliée qui bombardera l’usine pour freiner la progression des renforts allemands vers la Normandie - où le Débarquement venait d'avoir lieu - en les privant du dépôt de carburant. Entre-temps, l’usine avait pollué... Voir ici et .

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