
On est toujours en plein bourg. Cette ruelle relie la rue du Stade à la place de l’Hôtel de Ville, uniquement dans ce sens pour tous les véhicules (1). Et cela depuis plus de vingt ans (voir la photo de 1997 qui montre le sens interdit depuis la place). Elle est étroite et sans trottoir, ne laissant presque pas de place à un vélo lorsqu’une voiture - à plus forte raison un fourgon ou un camion - vient en sens inverse. La voie est assez longue - plus de soixante mètres -, ce qui en fait une rue potentiellement dangereuse pour le cycliste qui ne respecterait pas le sens interdit. Et ce danger peut expliquer que les vélos n’ont jamais été autorisés à y rouler depuis la mairie (2). C'est donc toujours la situation actuelle (en juin 2022) et publier un article sur le site de la commune qui annonce le droit des cyclistes d’y rouler à contresens relève soit d’une certaine inconscience municipale… soit d’une méconnaissance des rues qui entourent la place. Un comble, tout de même, pour une mairie !
Un panneau autorisant les cyclistes à rouler à contresens a finalement été posé sur le sens interdit en décembre... 2024 !
Quant au chemin de Salles, il est loin, et même très loin du bourg. Il est perdu aux confins de la zone industrielle, entre la zone d’activité de La Rafette et celle de la Lande, à deux pas de l’usine de plâtre SINIAT. Quelques habitations y sont coincées dans un enchevêtrement d’usines et d’entrepôts voulus par les municipalités Roux et Durand. Et madame Favre a sans doute souhaité apporter sa touche personnelle en « décrétant » que les cyclistes pourraient donc prendre le chemin de Salles à contresens.
C’est en lisant l’article du site de la mairie que je me suis dit : « Mais qu’irait donc faire un cycliste dans cette galère ?… ». Car, à part un égaré sans lumière arrivé là à la tombée du jour, personne n’aurait l’idée d’y venir en promenade tant ce chemin n’aboutit, aujourd'hui, que dans des endroits quelconques, fortement dénaturés par l'implantation industrielle dans des lieux qui ont pu avoir, autrefois, un attrait particulier. Pensez donc ! Il conduit seulement vers des usines et autres constructions en tôle où s’alignent les poids lourds sur des étendus de goudron. Alors, autoriser les cyclistes à rouler à contresens là où ils n’iront probablement jamais user leurs pneus, voilà qui ressemble beaucoup à une lubie de plaisantin du rayon des farces et attrapes ! Mais, après tout, l’endroit est si loin du bourg - et tellement ignoré - que personne ne se rendra sans doute compte de la fausse information. Personne ?... Enfin, presque. Car, en janvier 2022, j'ai tout de même pris la peine d'aller sur place. Constat : ce chemin, qui est bien à sens unique de l’usine SINIAT (chemin de Bel-Air) vers le chemin de La Cavernière… n’est toujours pas autorisé aux vélos dans l’autre sens ! C'est encore vrai en juin 2022.
Un panneau autorisant les cyclistes à rouler à contresens a finalement été posé sur le sens interdit en décembre... 2024 !
Le chemin de la Liberté est, lui aussi, loin du bourg. Vous le trouverez au bout du chemin de Reignac qui mène au Truch, dans un paysage plus attrayant (vignes, quelques petits bois, bâtisses en pierre) que le malheureux chemin de Salles. Mais, comme lui, vous n'y trouverez pas plus de contresens autorisé pour les cyclistes (toujours en juin 2022).
Et pour finir, venons-en, maintenant, aux deux flèches bleues que j'ai ajoutées dans l'article de la mairie, après « avenue Henri Bertrand » et « rue du Stade ». Ces deux voies ne seraient donc autorisées à contresens pour les vélos... que depuis le 1er avril 2021. On sait qu'un 1er avril est un jour de canular, mais je ne pense pas que ce soit le cas ici.
Et donc, l'avenue Henri Bertrand est, en réalité, autorisée à contresens pour les vélos, entre la rue de Comet et la rue Georges Brassens, non pas seulement depuis le 1er avril 2021, mais depuis 2016, année où cette voie a été refaite, comme on l'a vu en page 7. De même pour la rue du Stade qui est autorisée à contresens pour les vélos depuis 2018 et 2019, années où cette rue a été refaite, comme on l'a également vu en page 6.
Au bout du compte, une seule rue à sens unique comporte effectivement une voie réservée à l'usage exclusif des vélos, dans les deux sens : l'avenue de Cajus, entre le carrefour de la rue du Suisse et le collège Max Linder. Mais elle n'est pas citée dans l'article... qui se serait alors réduit comme peau de chagrin !
Bref, à moins d'admettre que tout cela n'est qu'une accumulation d'erreurs malheureuses, cette publication tient moins de l’information que de la propagande : il attribue à la municipalité Favre des mesures pour favoriser les déplacements "doux" qui ont été prises avant elle. Autant dire que la vérité n’a pas tout à fait sa place dans cet article (3).
Bilan sur vingt ans : respect fantaisiste de la sécurité des piétons, promesse non tenue d'étendre les pistes cyclables « sur les axes empruntés par les scolaires », absence de contrôle du stationnement dans le bourg, fausses informations concernant les nouvelles voies cyclables. Tout ceci donne l'impression qu'on en est toujours à faciliter la circulation des véhicules à moteur, comme c'était le cas avant 1914 (voir en page 3) ! Et que le discours sur le développement des « mobilités douces » reste une attraction électorale, une publicité pour tenter d'aguicher l'électeur, plus qu'un souci de protéger l'environnement.
(2) Pour éviter ce danger, il faudrait donner à cette ruelle un usage uniquement piétonnier et cycliste... à condition, bien sûr, de trouver une solution au passage des riverains qui y ont leur garage - autrement qu'en posant un panneau les autorisant à y passer... car ce serait la porte ouverte à tous les véhicules.
(3) Il est sans doute bon de rappeler, là encore, que l'un des engagements de la liste Favre pour les municipales 2020 était de « créer un véritable service communication qui assure une information permanente et accessible » (voir son deuxième tract du second tour). Cependant, l'engagement ne disait pas que l'information serait fiable, même s'il va de soi que l'une ne va pas sans l'autre. Et cet engagement était prioritaire puisqu'il figurait parmi les « 30 mesures concrètes dès 2020 » !

