L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

On s'en tiendra au bourg parce que c'est la partie habitée la plus fréquentée de la commune - surtout des voitures... mais aussi - dit-on - des poids lourds ! Et on limitera ce bourg à son centre ancien caractérisé par un habitat en pierre situé dans le périmètre de protection d'un monument historique (la chapelle Saint-Loup), ce qui est censé lui valoir une attention particulière en matière d'urbanisme. Dans ce centre, on trouve donc les voies publiques principales suivantes : l'avenue de la République (en retenant uniquement la partie comprise entre la montée vers le bourg et les dernières maisons avant le parc de la Coupole), la place de l'Hôtel de Ville, la place de l'Église, la rue Max-Linder, la rue Saint-Aignan et la rue du Stade.

Donc, dans les vingt dernières années, les municipalités ont-elles vraiment montré un intérêt marquant pour les piétons et les cyclistes, et, ainsi, pour la protection de l'environnement ?

Remontons d'abord à 2004. Le maire d'alors, Serge Roux (Pierre Durand est adjoint), veut réaménager la circulation dans le bourg et, plus exactement, dans l'avenue de la République. Son but : « partager la rue entre piétons, voitures et cyclistes et [...] décourager au maximum la vitesse et les poids lourds en centre-ville » (1). Le discours est clair : il ne s'agit plus de laisser les quatre roues à moteur imposer leur loi dans la rue principale. L'opération nécessite cependant l'accord du département puisque la route qui traverse le bourg est une route départementale, la RD 242. Il se trouve que le département propose justement - hier comme aujourd'hui (janvier 2022) - des conventions d'aménagement de bourg qui peuvent aller dans ce sens. Avec, à la clef, des subventions, ce qui est bien normal puisque l'aménagement va concerner une voie publique qui appartient au département. Et donc, en 2007, la route est finalement refaite : nouveaux trottoirs pour les piétons et nouvelle chaussée pour les voitures - et, en fin de compte, pour les camions aussi ! Un petit oubli tout de même : aucun aménagement particulier n'est réalisé pour les cyclistes. Tout bien pesé, pourquoi se compliquer la vie : ils sont si rares (2) ! On retrouve donc les aménagements d'avant 1914 (chaussée et trottoirs), mais avec les matériaux d'aujourd'hui ! Et comme la circulation automobile a tout de même fortement augmentée - et que des commerçants comptent bien sur le passage des voitures pour arranger leurs affaires -, le mieux est encore de leur réserver des emplacements au plus près des boutiques... à la manière, finalement, des trottoirs du début du XXe siècle auxquels il fallait donner une utilité marchande. Il y a de quoi se demander si l'on n'a pas cherché, en définitive, à éviter aux conducteurs de trop marcher en se garant plus loin ?...

Et voilà que le discours de monsieur Roux sur le partage... en est resté au point mort. Car c'est la situation d'aujourd'hui dans cette partie de l'avenue de la République.


(1) Extrait de la séance du conseil municipal du 1er décembre 2003, rubrique XV : "Confirmation traversée d'agglomération par RD". On notera au passage que le problème de la circulation des poids lourds dans le bourg, repris dans les promesses électorales des listes Favre et Chalard, finit par avoir des allures d'Arlésienne !

(2) On peut d'ailleurs se demander s'ils sont si rares parce qu'il n'y a pas d'aménagements pour eux... ou parce que, à Saint-Loubès, les pratiquants sont, de toute façon, trop peu ? Mais la réponse a déjà été donnée en page 2 de cet article.

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