Le dernier recensement de population date de 2017 (en 2020, donc). SAINT-LOUBES comptait 9.509 habitants. De 2012, année du précédent recensement, à 2017, soit en 5 ans, la hausse moyenne annuelle a été de 2,7 % (1), passant de 8.361 habitants en 2012 au chiffre précédent. En appliquant cette hausse au nombre d'habitants de 2017, on obtient effectivement, comme le prévoit le PADD de 2018 (voir page 13), une population de 10.000 habitants en 2019, et une estimation de près de 11.700 habitants en 2025 (le PADD retient 11.500 habitants). La prévision semble donc correcte.
En mai 2018, Pierre DURAND annonce donc à SUD OUEST « la construction d’une nouvelle école » qui sera un « projet phare […] lors de la prochaine mandature » (si, bien sûr, il est réélu). Projet qu’il confirme en 2019 par cette autre déclaration en conseil municipal : « C’est pour cela [soutien à la culture] que la construction d’une nouvelle école va être étudiée » (page 11). Une conseillère municipale élue en 2020, Sandra VALLEE, nous apprend, par ailleurs, que, en 2019, il avait fait réaliser des études de programmation pour un « nouveau groupe scolaire » (page 12).
Venons-en maintenant à l’évolution du nombre d’élèves du premier degré à SAINT-LOUBES, de 2012 à 2017, c’est-à-dire durant la même période de 5 ans que celle comprise entre les deux recensements. Selon les chiffres de l'Éducation nationale (voir le premier tableau qui suit), on constate une hausse de 4 % en moyenne annuelle arrondie (2).
La réponse à notre question est donc que l'augmentation globale de la population de SAINT-LOUBES a effectivement entrainé une augmentation - qui est même plus que proportionnelle - du nombre d’enfants en âge d’être scolarisés dans le premier degré.
Ainsi, apparemment, l’explication de Pierre DURAND semble parfaitement fondée au moment des municipales de 2020.
Mais en apparence seulement. Car depuis mars 2017, c'est-à-dire un an avant la déclaration de Pierre DURAND à la presse et deux ans avant sa déclaration en conseil municipal, les prévisions de l'Éducation nationale, pour la France entière, permettaient, au contraire, de craindre une baisse des effectifs scolaires, y compris au niveau de la commune - ou, en tout cas, de douter sérieusement de la poursuite de l'augmentation des effectifs.
Et la rentrée 2018 à SAINT-LOUBES n'a, effectivement, pas échappé à cette prévision (voir le second tableau qui suit). Car SAINT-LOUBES n'est pas en vase clos, à l'abri des « phénomènes » qui affectent l'ensemble du pays...
On peut résumer ainsi l’évolution :
| Année de la rentrée | 2012 |
2013 |
2014 |
2015 |
2016 |
2017 |
Moyenne annuelle en % |
| Nombre d’élèves | 910 |
930 |
1017 |
1055 |
1041 |
1088 |
|
| Évolution en % |
+2,2 |
+9,4 |
+3,7 |
-1,3 |
+4,5 |
+4 |
| Année de la rentrée |
2018 |
2019 |
2020 |
2021 |
2022 |
2023 |
Moyenne annuelle en % |
| Nombre d’élèves |
1071 |
1068 |
1081 |
1051 |
1029 |
1004 | |
| Évolution en % |
-1,56 |
-0,3 |
+1 |
-2,8 |
-2,1 |
-2,4 |
-1,3 |
En outre, dès 2018, l'Éducation nationale prévoyait une tendance à la baisse jusqu'en 2022. Le second tableau montre que cette baisse s'est poursuivie en 2023. Et on sait, aujourd'hui, qu'elle a continué en 2024 et 2025, avec un retentissement, rapporté par SUD OUEST, sur l'académie de BORDEAUX et, en particulier, sur le département de la Gironde.
Ainsi, alors que ces prévisions sont connues depuis mars 2017, Pierre DURAND, soit ne les connait pas, soit les ignore volontairement, au risque d'engager les finances communales dans un projet d'école qui, du point de vue des effectifs scolaires en tout cas, apparaît insensé.
Lors des municipales de 2026, les successeurs de Pierre DURAND semblent d'ailleurs remettre en cause son explication fondée sur l’évolution de la population (« Le projet de Modery, jugé [...] démographiquement contestable, sera réexaminé ».
(1) 9.509 / 8.361 = 1,137, soit 13,7 % (0,137) de hausse en 5 ans, d’où une moyenne annuelle de 0,137 / 5 = 0,027, soit 2,7 % de hausse moyenne par an.
(2) 1.088 / 910 = 1,20 (arrondi de 1,1956), soit 20 % (0,2) de hausse en 5 ans, d'où un moyenne annuelle de 0,2 / 5 = 0,04, soit 4 % de hausse par an.

