L'Œil du fouineur

●● Revue d'enquêtes sur la municipalité de Saint-Loubès ●●

un pavé dans la mare

La troisième explication, enfin…

L’agence retient « la croissance envisagée de la population scolaire liée au dynamisme démographique de la commune », malgré « des effectifs […] restés relativement stables au cours des dernières années autour de 1 000 élèves ».

Cette explication laisse bouche bée !

Parler de « Dynamisme démographique » revient à parler d’accroissement de la population. C’était l’argument de Pierre DURAND pour justifier le projet de nouvelle école. Mais, comme on l’a vu, il n’existe plus de lien, depuis 2018, entre croissance démographique et évolution du nombre d’enfants en âge d’être scolarisés dans le premier degré (- 1,3 % en moyenne annuelle). Envisager une croissance de la population scolaire est donc un non-sens.

L’agence semble même se contredire à quelques pages d’intervalle : alors qu’en page 228 elle parle de l’ « augmentation du nombre d’enfants sur la commune », en page 339 il est question d’une relative stabilité des effectifs au cours des dernières années. Les enfants de la page 228 ne seraient-ils pas les mêmes que ceux de la page 339 ?…

La question se comprend d’autant plus qu’un graphique illustre le propos de la page 339, avec des chiffres d’effectifs très proches - mais jamais identiques - de ceux publiés par l’Éducation nationale pour les rentrées 2020 à 2024 : 1071 en 2020 (1081 pour l’Éducation nationale), 1058 en 2021 (1051 pour l’EN), 1039 en 2022 (1029 pour l’EN), 989 en 2023 (1004 pour l’EN), 1001 en 2024 (989 pour l’EN). C’est dire que l’agence n’a pas retenu les données de l’Éducation nationale.... et elle ne fournit pas sa source.

Ainsi, les différentes explications de l’agence apparaissent infondées. Il semble qu’elle ait cherché à concilier de simples partis pris divergents (celui de Pierre DURAND, d'un côté, et celui d’Emmanuelle FAVRE, de l'autre) au détriment d'observations objectives reposant sur des faits. On se rappelle, en effet, que la révision du PLU a commencé en 2016, pendant le mandat DURAND, et s’est terminée en 2025, pendant le mandat FAVRE. De là à penser que chacun a voulu glisser son grain de sel dans la préparation du PLU pour intégrer les explications qu’il voulait, sans se soucier d’exactitude, quitte à les rendre contradictoires, il n’y a qu’un pas…

Un tel procédé permettait, en tout cas, à la majorité FAVRE, de légitimer, après coup, une décision déjà prise par elle bien avant l’adoption du PLU : l’achat du domaine de Modery, intervenu en 2022.

Voilà donc les raisons du projet de nouvelle école annoncées par la majorité FAVRE, et elles sont tout aussi infondées que celles de Pierre DURAND.

Ce sont pourtant ces raisons que le candidat Sébastien ROUX, successeur d’Emmanuelle FAVRE aux municipales de 2026, va reprendre dans son « programme » électoral (voir page 13).

→ Les faits et les explications d’Antoine de TOURNEMIRE, en 2026…

On pourrait penser, au premier abord, que le candidat TOURNEMIRE n’était pas dupe de ces explications et qu’il savait parfaitement qu’elles étaient dépourvues de fondement. Mais à aucun moment il ne les a contestées : comme on l’a vu, son seul souci était d’ordre financier. C’est donc, a priori, sans se préoccuper de savoir si les classes étaient saturées ou non, si la concentration des écoles dans le centre était à l’origine de problèmes de circulation ou si l’évolution démographique laissait prévoir une augmentation des effectifs scolaires, qu’Antoine de TOURNEMIRE a choisi de s’opposer au projet.

Mais ses propres explications sont-elles confirmées par les faits ?

Selon lui, la situation financière de la commune serait « critique ». C’est ce que rapporte le journal SUD OUEST sur la base d’une déclaration du nouveau maire : « Il a rapidement fait appel au conseiller de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) […] pour produire un état des lieux sur la séquence 2021-2025 ». Puis, « Après être, certes, sortie d’une période de surveillance par la préfecture et ne pas être menacée d’être sous tutelle, la ville fait face [à] un endettement trop lourd [11,6 millions d’euros, NDLR], une trésorerie alarmante, des dépenses qui ont augmenté plus vite que les recettes ». Pour preuve, « un ratio de désendettement à 6,65 années ». Le nouveau maire se réfère à un critère qui semble sans appel : « À partir d’un ratio de sept ans, la situation est critique ».

On retrouve ses propos alarmants sur la page Facebook de la mairie où il a fait publier une courte vidéo.