Ce plan comprend diverses subventions dont la demande était prévue, pour certaines, depuis décembre 2024, et, selon le compte-rendu, des décisions d'accord avaient été obtenues, sans que l'on sache précisément dans quels cas (les subventions très importantes de la préfecture, pour un montant de 2.170.466 € étaient-elles concernées ?...). Cependant, Alice PLATRIEZ, ex-adjointe à l'éducation d'Emmanuelle FAVRE, cite le chiffre de « 450.000 € de subventions déjà obtenues à rembourser » par suite de la rupture des marchés. C'est admettre qu'à peine 16 % des subventions demandées [(450 K€ / 2.799 K€) x 100 = 16 %] au 25 février 2026 (hors FEDER objet de la délibération) avaient été effectivement versées alors que les marchés étaient signés et que les travaux venaient de commencer. Les autres demandes de subvention en étaient donc toujours au stade de l'instruction dans les administrations concernées. Et, comme on va le voir, une interrogation pesait sérieusement sur la subvention du département de la Gironde, de 556.515 €...
En tout cas, d'ores et déjà, une comparaison entre les prévisions de subventions de 2024 et les prévisions du plan de 2026, montre une nette chute des attentes, et ce, au détriment de l'autofinancement communal qui s'en trouve sensiblement augmenté. C'est le cas pour les subventions de la préfecture, prévues pour 2.616.063 €, mais révisées à la baisse pour 2.170.466 €.
Quant à la subvention du département, a-t-elle des chances d'être obtenue ?... Pour répondre, il faut tenir compte de sa situation financière : à la différence de la commune qui a rétabli ses comptes dès 2024, ceux du département sont « dans le rouge » depuis la même année ! Cette information, qui est publiée par France 3 Régions le 30 avril 2024, ne fait que confirmer les chiffres publiés par l'OFGL pour 2023 et qui révèlent un ratio de désendettement de la Gironde... négatif, du fait d'une absence d'épargne brute (encours de dette = 929 M€, et épargne brute = - 5,4 M€). D'autres médias en ligne rapportent, en 2025, ces difficultés du département : La Gazette des Communes, Le Monde, Le Moniteur, On apprend même que la préfecture a saisi la chambre régionale des comptes pour obliger le département à rétablir son équilibre financier et lui éviter, ainsi, une « mise sous tutelle ». Saisine réitérée en 2026 faute pour le département d'avoir pris des mesures suffisantes... Conséquences de cette situation : « En 2024, nous [le département] avions déjà divisé ces aides [aux communes] par 2. Je ne sais pas encore ce que nous allons décider pour 2025, mais nous pourrions aller jusqu’au moratoire. Certaines communes pourraient donc renoncer à des investissements [...] ». Finalement, pour 2025, c'est une aide aux communes de 0 € qui a été décidée.
La subvention demandée au département a donc toutes les allures d'une chimère. Et pourtant, Sébastien ROUX l'a tout de même inscrite dans son plan de financement de 2026. Un choix totalement irréaliste, même si, après les élections, il avait conservé sa majorité au conseil municipal, celle-ci n'ayant aucun impact sur la situation financière du département.
Mais il y a plus grave. Ce plan de financement indique le montant de l'autofinancement du projet prévu pour la commune : 5.821.483 €.
Cet autofinancement inclut la vente de terrains boisés communaux, situés « Places de Bidon », derrière la crèche « Cabriole », et destinés à un projet immobilier. Prix de vente retenu par l'acquéreur et accepté par la mairie : 3.100.000 €, soit plus de la moitié de l'autofinancement.
Pour en savoir plus sur cette vente, consultez notre article : Places de Bidon : la face cachée du projet municipal (page 7, notamment).
Une caractéristique majeure de cette vente est qu'elle est soumise à des conditions suspensives. C'est ce qui ressort d'un compte-rendu du conseil municipal du 6 novembre 2025 (page 2). Autrement dit, tant que ces conditions ne sont pas satisfaites, il n'y a pas de vente et donc... pas de paiement du prix. Voici deux de ces conditions : « Obtention d’un permis de construire devenu définitif [...] » et « Obtention du financement du bailleur social achetant l’intégralité des logements construits ».
Qu'est-ce qu'un permis de construire devenu définitif ?... C'est un permis qui n'a fait l'objet d'aucun recours gracieux ou contentieux, de la part des riverains du projet, dans les deux mois qui suivent l'affichage du permis. Dans le cas des « Places de Bidon », aucun recours n'a été exercé. Et pour cause : le permis de construire sur les parcelles communales n'a pas encore été délivré (au 14 septembre 2026).
Quant à l'obtention du financement par le bailleur social, il ne peut qu'être subordonné à la délivrance d'un permis devenu définitif.
Un autre obstacle à la vente aurait dû apparaître dans le compromis, mais a été manifestement oublié : l'obligation d'obtenir l'autorisation du préfet pour abattre les arbres (autorisation de défrichement). En effet, comme on vient de le voir, les parcelles sont, en partie, boisées. Et, sans cet abattage, le projet immobilier perd beaucoup d'intérêt et devient sans doute irréalisable. On va voir que cet obstacle est aussi puissant que les conditions suspensives.
Sans permis, il n'y a donc pas de vente, et le permis ne peut être accordé tant que l'autorisation de défrichement n'a pas été obtenue. Or, le compte-rendu du 6 novembre précise que le conseil municipal a mandaté l'acquéreur pour présenter cette demande au préfet, au nom de la commune.
Alors, dans quel délai la décision préfectorale doit-elle intervenir ?...

